LE BLOG DE VALERIE DEBIEUX

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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /2010 20:31

 

TOUS LES MATINS DU MONDE

 

 

 INTERVIEW D'ALAIN CORNEAU par LISA BRESNER 

 

 

 

 

 

 

Par Valérie DEBIEUX
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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /2010 20:29

 

 

Par Valérie DEBIEUX
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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /2010 19:02

 

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"Quand le soir approchait je descendais des cimes de l'île et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser". 

 

Jean-Jacaques Rousseau  

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /2010 10:05

 

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La cérémonie du thé est une tradition japonaise qui date de plus de 500 ans. Les mouvements de la maîtresse de cérémonie sont précis et elle mélange avec soin la poudre de thé vert avec l'eau bouillante. Elle donne ensuite la première coupe à l'un ou l'une de ses invités qui prendra la coupe de ses deux mains et qui s'inclinera à son tour. - Le but est seulement d'offrir un bon thé.

 

Cha No Yu

 

Le thé japonais était à l'origine consommé par les moines dans les monastères zen pour rester éveillés pendant la méditation. Longtemps, il a été considéré comme une boisson qui élevait l'esprit et invitait à la sagesse.

 

Le Cha No Yu est un art datant du XVIe siècle, une cérémonie du thé régie par les principes d'harmonie, de respect, de pureté et de tranquilité, guidée par une recherche esthétique et imprégnée de la notion d'éphémère du "ichigo ichie", un moment unique, une rencontre unique... 

 

Thé de l'hospitalité

 

Le genmaïcha est un thé traditionnel et très ancien composé de thé vert Sencha, de grains de riz soufflés au goût très original, fin et délicat de noisette verte grillée.  

 

Le thé représente pour moi tout un art de vivre et je bois beaucoup de thé quand j'écris tout en écoutant de la musique, classique ou jazzy, selon les instants de l'écriture. Me voici replongée dans mon atelier d'écriture où je suis en train de concocter mon nouvel opus qui sortira au printemps 2011. Mais avant, une nouvelle édition de mon premier roman "Mon amour(s)" sortira dans le courant du mois d'octobre. À bientôt donc... 

 

 

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Palais des Thés
61, rue du Cherche-Midi
75006 Paris
France
T. : +33.1.42.22.03.98
 

 Et à découvrir également ZEN ZOO  

 

Par Valérie DEBIEUX
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Mercredi 18 août 2010 3 18 /08 /2010 14:00

Jean d'Ormesson     

 

À 85 ans, l'écrivain et académicien Jean d'Ormesson est toujours aussi pétillant. Il publie un nouveau roman chez Robert Laffont qui sortira le 23 août prochain, où il est surtout question de Dieu.  

 

 

"Qu’est-ce que la vie et d’où vient-elle ? Comment fonctionne l’univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s’efforcent de répondre à ces questions. L’histoire s’est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l’âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l’ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d’espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ? Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d’Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l’univers et des hommes."

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /2010 13:02

 

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REVUE GIONO N°4 (à paraître en octobre 2010) -

Je suis membre de l'Association des Amis de Jean GIONO.

 

 

 

2010 - Commémoration du 40e anniversaire de la mort de Jean Giono

 

Un parcours scénographique "Giono à Venise"

 

De nouvelles balades littéraires

 

Des lectures par un comédien de textes de Giono évoquant des écrivains lus pendant son adolescence pendant les Correspondances de Manoques. 

Par Valérie DEBIEUX
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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /2010 12:36

 

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"Je ne suis pas voyageur, c'est un fait" : c'est sur cette déclaration provocante que s'ouvre le Voyage en Italie. Giono, effectivement, est un casanier, un "voyageur immobile", comme il se désignait lui-même. Il se décide pourtant, en octobre 1951, à 56 ans, à partir vers le pays de son père et de son grand-père, territoire intérieur fécondé dès l'enfance par les récits paternels, les rencontres d'émigrés italiens à Manosque, puis par la lecture de Dante, de l'Arioste, de Machiavel, et de Stendhal, qu'il lit et relit avec passion. De là sont nés nombre d'histoires et de personnages romanesques, dont Angelo, héros du Hussard sur le toit que Giono a laissé "au comble du bonheur" au moment où il franchissait la frontière pour retrouver l'Italie. Six mois après avoir achevé son roman, l'écrivain lui-même entreprend son premier voyage vers cette terre qui faisait se lever en lui "des mélancolies".

 

Le voyage que fait Giono, en 4CV décapotable, avec sa femme Elise et un couple d'amis, les Cadière, est plein d'insouciante gaieté et de fantaisie, et les conduit de Turin jusqu'à Florence, avec de nombreuses étapes, dont Venise.

 

Or, Venise, Giono ne voulait pas s'y arrêter ! Trop de clichés romantiques attachés à ce lieu, trop de littérature aussi ! Il va pourtant y consacrer un chapitre entier (50 pages, le plus développé de tout le récit), et y reviendra à plusieurs reprises, parce qu'il y aura goûté des moments d'intense bonheur. Un bonheur qui "n'est pas automatiquement créé par la beauté", écrit-il. On ne trouvera dans le récit du séjour à Venise aucune évocation des lieux attendus, des musées, des monuments prestigieux. Giono n'est pas un pèlerin d'art. Ce qui lui importe, c'est de capter, au cours de ses flâneries, des sensations, des impressions, des émotions, de petits miracles qui donnent à l'existence sa saveur poétique. Et de regarder vivre les Vénitiens, avec une tendresse amusée et complice. Or, dans cette ville "à demi-noyée, autour de laquelle rien n'émerge", où il lui semble entrer dans une autre dimension de l'espace et du temps, l'écrivain découvre un art de vivre qui fait de la mélancolie et de la lenteur une volupté, et qui utilise le jeu, le théâtre, le mensonge pour enchanter la réalité et mieux en jouir. 

 

Le portrait que nous donne Giono de l'âme vénitienne, douée d'une "intelligence merveilleuse pour aller au bonheur", c'est celui de l'artiste par lui-même, bien sûr !

 

Suivons-le...

 

Sylvie Durbet-Giono - Présidente de l'Association du Centre Jean Giono

& Annick Vigier - Directrice du Centre Jean Giono.

 

À voir jusqu'au printemps 2011 au Centre Giono de Manosque

3, Bd Élémir-Bouzrges

www.centrejeangiono.com 

Par Valérie DEBIEUX
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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /2010 11:25

 

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"Mon père aimait les bons plats familiaux qui mijotent, qui fleurent l'huile de nos oliviers et les herbes de nos collines. Il ajoutait volontiers son grain de poivre (il en ajoutait partout sans goûter au préalable !), de l'huile d'olive et saupoudrait de thym, laurier ou sarriette. "Mangez, cuisiner, c'est aussi important que de respirer, disait-il. Mais c'est moins ennuyeux !" Il s'amusait beaucoup du rituel qui entourait la préparation de la polenta de Fine. Elle partait au jardin couper une belle branche de notre laurier-sauce qui poussait à la lisière du terrain. Elle revenait en l'effeuillant, puis commençait sa mixture dans un grand chaudron en fonte. Pendant les vingts minutes de cuisson, Fine tournait sans arrêt avec son bâton de laurier; on aurait dit une sorcière préparant une potion magique ! Elle nous servait la polenta avec des saucisses grillées, accompagnées d'une sauce tomate bien relevée d'oignons, d'ail et d'épices : un vrai régal ! Je ne sais pas quel était le secret de Fine, mais elle l'a emporté avec elle, car je n'ai jamais plus mangé une polenta de cette qualité !"   

 

 

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"La plus grande pièce du Paraïs était... la terrasse ! Plus de six mois de l'année, elle était le lieu de vie, là on déjeunait, on parlait, on écoutait de la musique sur un vieux gramophone à l'abri du mistral ; l'ombre de deux grands rosiers grimpants nous protégeait de la chaleur. C'est une maison imparfaite, comme la famille qui y vivait, mais où l'on se sentait bien car on y était toujours heureux."

 

 

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"Notre vie se déroulait de façon modeste, nous avions si peu de besoins. Nous ne faisions pas de voyages lointains, nous n'avions pas de voiture (heureusement d'ailleurs, avec l'étourderie de mon père !), pas de tableaux de maître acccrochés aux murs, mais nous avions les aquarelles de Lucien Jacques, l'ami de toujours, et diverses toiles offertes par des peintres amis en échange de quelques préfaces. Pas de beau mobilier : de la marraine d'Aline, mon père avait hérité d'horribles meubles Henri II qu'il ne voyait même pas ! Trop longtemps il a travaillé debout sur une grande planche posée sur deux tréteaux. Avec ses rames de papier couleur paille, l'encre très noire qu'il faisait épaissir en ne bouchant jamais le flacon, et ses plumes Nostradamus à bout rond qui écrivaient gras, cela suffisait à son bonheur : il avait de quoi écrire." 

 

 

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"Notre enfance au Paraïs s'est déroulée dans une espèce de merveilleux. Mais les journées qui précédaient Noël étaient une sorte d'apothéose ! Chargées de la décoration, Aline et moi faisions la crèche avec les vieux santons en terre cuite de notre grand-mère. Nous mettions le blé à germer, dans ce qu'on appelle "le jardin d'Osiris", car la coutume remonte, dit-on, à l'Egypte ancienne. On confectionnait étoiles et fleurs en papier d'argent récupéré sur les tablettes de chocolat, ces fines feuilles que notre mère avait soigneusement repassées pour leur redonner lustre et jeunesse. C'était la période que préférait mon père qui se changeait alors en Merlin l'Enchanteur. Il n'aimait pas Paris, mais cela ne lui déplaisait pas d'y faire ses courses. Quand il rentrait à Manosque, il brûlait de nous raconter ses trouvailles les plus folles, les plus déraisonnables. Tous les cadeaux étaient cachés sous le divan de son bureau. C'était le seul moment de l'année où celui-ci était fermé à clé. Mais pourquoi s'enfermer si les cadeaux étaient cachés ? C'est que mon père lisait tout simplement les bandes dessinées avant de les mettre dans nos souliers ! Le Journal de Mickey, Robinson, Hop-là ! n'avaient aucun secret pour lui. Il était fasciné par Luc Bradefer et ses voyages d'anticipation. La magie de Mandrake et de son serviteur Lothar l'amusait. Il riait des histoires de Monsieur Illico, s'identifiait au Capitaine Pim dans Pim Pam Poum à cause de sa goutte. Car mon père souffrait aussi de ce qu'il appelait des "crises d'injustice aiguë", mais chez lui c'était le pouce droit qui devenait rouge et douloureux, et ne plus pouvoir tenir son porte-plume, ne plus pouvoir écrire le rendait grognon ! Aussi essayait-il d'écrire de la main gauche tant que durait la crise. Kakoun (Lucien Jacques), qui détestait les bandes dessinées, ne comprenait pas un tel engouement, et se moquait gentiment de lui. Mais c'est ce côté gamin qui rendait papa si proche, si agréable. Il ne pontifiait jamais, il parlait simplement, il écoutait merveilleusement. Il ne se prenait pas pour le  Premier Moutardier du Pape: il était le Premier Moutardier du Pape, et, pourquoi pas, le pape lui-même ! Et c'était avec un oeil moqueur qu'il nous lançait de temps à autre: "Ce que j'ai écrit aujourd'hui est absolument épatant ! ".  

 

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"Quand il avait gâté toutes ses femmes, sans oublier Fine, ni Kakoun qui passait les fêtes avec nous, il demandait à une amie qui s'occupait des bonnes oeuvres de lui faire une liste des Manosquins vivant dans le besoin. Mon père consultait son dernier rrelevé bancaire, divisait en conséquence l'argent qui lui restait. Et la vieille amie jouait alors au Père Noël, distribuait des paquets avec des gâteaux et des douceurs, des victuailles en tout genre et du charbon pour le chauffage, sans jamais nommer le mystérieux donateur. Le Père Noël perdrait-il de son mystère s'il était désigné ?...

 

 

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"J'ai ce que j'ai donné." C'était sa devise, titre idéal pour cette correspondance; elle figurait en vieil italien sur l'ex-libris qui marquait les livres de sa bibliothèque. Qu'il s'agisse d'amitié, d'un conseil ou d'argent (quand il en avait), il éprouvait un bonheur absolu à donner jusqu'au dépouillement même. En témoignent les lettres parfois désespérées qu'il écrivait à son éditeur pour quémander une petite avance sur ses droits. Sa générosité était même "hémorragique" comme il disait de celle de son père, au point d'embarrasser les bénéficiaires, puisqu'ils devenaient alors ses débiteurs ! Pour les mêmes raisons, au fond, il ne savait pas dire non. S'il ne tranchait jamais, c'était toujours par excès de gentillesse, pour ne pas faire de la peine ou pour avoir la paix." 

 

 

Par Valérie DEBIEUX
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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 09:35

"Quand j'ai créé les Cahiers de L'Herne, ce fut pour imposer ces oeuvres maudites, ces pensées maudites, ou qui l'étaient encore, et unir en une même famille les témoins différents d'un effondrement unique."

 

Dominique de Roux, fondateur des Editions de l'Herne

 

 

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L’Herne, maison d’édition fondée au début des années 1960, trouve son origine dans un canular d’étudiants. Dès 1957 en effet, Dominique de Roux et ses amis, écrivains talentueux et anticonformistes, éditent en chambre des textes et des pamphlets écrits, dactylographiés et lus par un groupe d’amis. Puis les deux premiers Cahiers consacrés à René-Guy Cadou (1961) et à Georges Bernanos (1962) marquent l’avènement de la célèbre collection blanche. Quelques abonnés y souscrivent aussitôt, et, la polémique aidant, de nombreux lecteurs. Avec L’Herne est née une académie parallèle, adversaire des conventions et des commémorations. Ainsi, les numéros suivants de la collection sont-ils dédiés à des géants de la littérature et de la poésie, tout aussi marginaux, à l’époque, que controversés : Céline, Borges, Pound, Michaux, Burroughs, Ungaretti, Gombrowicz, Massignon, et quelques autres.

En 1972, après avoir mis en chantier le numéro 21, consacré à De Gaulle, Dominique de Roux quitte L’Herne pour fonder en Suisse les Cahiers H. Le relais passe alors à Constantin Tacou. Élève macédo-roumain de l’historien Georges Dumézil, et cinéaste à l’Unesco, c’est sous son impulsion que L’Herne se tourne vers l’Est et offre une nouvelle vie à un cercle d’auteurs disparus, tels que Mann, Dostoïevski (1974), Kraus, Meyrink , Musil (1982), Jung Hölderlin, ou Nietzsche. L’éditeur ouvre aussi des portes sur le fantastique – Edgar Poe, Jules Verne ou Jean Ray – sans pour autant négliger ses contemporains, en commençant par Eliade, son compatriote, puis Abellio, Corbin, Ponge et Levinas. Fin 2000, Constantin Tacou voit sortir des presses son dernier Cahier, le numéro 74, consacré à August Strindberg. Son ultime rêve d’éditeur, un Cahier Cioran, paraît en avril 2009.

En 2001 après plus de quarante ans de navigation éclectique et inspirée, L’Herne – comme l’hydre du même nom – change une troisième fois de tête. Laurence Tacou reprend alors les rênes de la petite maison, qui déménage de la rue de Verneuil pour s’installer au pied de l’Institut, rue Mazarine.

Les grandes monographies critiques continuent à prendre le contre-pied des courants en vogue, en interrogeant les œuvres de manière singulière afin de donner une nouvelle perspective à des auteurs et à des textes occultés, marginalisés, ou tout au contraire excessivement célébrés. Avec les Cahiers, le cap est résolument mis sur les contemporains, et en particulier sur les philosophes qui ont questionné le plus intensément notre époque : Lévi-Strauss, Chomsky, Ricœur, Derrida. Avec la publication du Cahier Steiner, – du Cahier Baudrillard, ou encore du Cahier Chomsky, L’Herne reste fidèle à sa vocation des premiers temps : dynamiter les idées reçues.


Article repris du blog www.librairiedialogues.fr 

 

Par Valérie DEBIEUX
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 10:06

 

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"Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre mon temps, perdre mon temps, vivre à contretemps. Je déteste tout ce qui réduit le temps, c'est pourquoi j'aime la nuit. Le temps la nuit, c'est une mer étale. Cela n'en finit pas. J'aime voir le lever du soleil avant d'aller dormir.


Un autre grand luxe aujourd'hui, c'est la solitude. Je l'ai apprise et je l'apprécie. C'est cette conscience d'un soi immuable, incommunicable, presque biologique en somme. C'est souvent au milieu d'une bande d'amis que je me sens vraiment seule. J'aime aussi cette solitude-là. Il m'est arrivé de vouloir vivre seule, indépendante, autonome, pour m'arracher aux choses trop acquises.


On essaie de penser le moins possible à la vraie solitude, celle qui n'et pas un luxe: on naît seul, on meurt seul. Entre-temps on essaie de ne pas être trop seul."

 

 

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 "Bien qu'elle ait toujours gardé un attachement profond pour la campagne où elle avait passsé son enfance, Françoise Sagan aimait la ville. Elle en absorbait tout: les bruits, les lumières, l'agitation quotidienne, les contrastes qui y scindent le jour de la nuit. Le soir, elle aimait sentir les rues se vider, le calme revenir, l'espace et le temps, à nouveau disponible pour elle. Parfois tard, la nuit, elle prenait sa voiture et sillonnait, sans but précis, Paris qui s'offrait alors à elle sans réserves. Certains de ces instants passagers ont même été fixés par des photos prises avec de simples Instamatic dont elle possédait une collection impressionnante. 

Elle aimait New York. C'était la seulle ville après Paris où elle aurait pu envisager de vivre. Ville de contrastes et d'excès. New York, comme elle, aime aller vite." 


Paris, octobre 2007, Denis Westhoff 

 

 

 

Les carnets de L'Herne sont nés il y a quatre ans et la collection est dirigée par Laurence Tacou. Si cette collection a apporté une grande bouffée d'oxygène à toute l'équipe des Editions de L'Herne, elle l'est aussi pour le lecteur. Ces carnets publient des textes étonnants et rares. Un bijou de l'édition française à découvrir absolument. Pures merveilles.

 

 

- Pour écouter l'interview de Laurence Tacou -  

 

 

Et dans la collection sur Sagan en plus de Bonjour New York:

 

Au cinéma

 

De très bons livres

 

La petite robe noire

 

Le régal des chacals

 

Lettres de Suisse

 

Maisons louées

 

Un certain regard 

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /2010 00:56

 

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© Photo: Maurice Rougemont 2010

 

 

    « Je suis parti mais je n’ai pas coupé les liens avec mon pays. J’ai gardé l’habitude d’acheter les journaux italiens, je me rendais au kiosque pour demander La Repubblica. Elsa a souffert de notre rupture, pour reconstruire la part d’elle que j’avais détruite, elle m’a laissé sans nouvelles durant des mois. Ensuite, notre camaraderie a repris par courrier. S’il avait continué, j’aurais enduré son silence comme une torture. Je lui ai écrit une lettre ou bien un mail par semaine. Je n’ai pas changé de fréquence, j’ai trouvé mon rythme naturel. Ses réponses m’ont sauvé de ce froid qui m’habitait depuis que je ressassais mes remords. Ce n’est pas parce que j’avais fui que j’avais tourné le dos à vingt-cinq ans de vie commune avec Elsa. Je ne pourrais pas rompre comme ceux qui font le deuil de l’autre. Pour moi, oublier une personne qu’on a aimé c’est le début de la barbarie. 

    Connaître une autre femme après elle a été possible, mais je n‘ai jamais envisagé de ne plus aimer Elsa. J’ai une trop bonne mémoire pour faire abstraction de notre amour.

    Plus tard, il y a eu Anna. Mais Anna n’a pas nui au souvenir d’Elsa. »

 

 

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Pasquale Villano fuit l’Italie, son pays, car il ne supporte plus la politique menée par Berlusconi. Arrivé en France, il s’éprend d’une jeune femme dont il tombe éperdument amoureux. Alors qu’il croit mener une vie heureuse et tranquille dans la région lyonnaise où il s’installe, sa vie va éclater…

 

La distribution des lumières reflète le malaise de notre société actuelle. Pas de scrupule. Pas de remords. Faire souffrir et piétiner l’autre pour assouvir ses fins s’inscrit comme une règle de vie. Aujourd’hui la société dans laquelle on vit a pour seul et unique Dieu l’argent et la valeur refuge est devenue la réussite personnelle avec pour corrélats l’égoïsme et le cynisme. Il faut privilégier l’accomplissement de soi par tous les moyens et ce, quel qu’en soit le coût sur le plan humain. L’avoir ayant pris la place de l’être, le système dans lequel nous vivons aujourd’hui n’en est qu’une pure application. Nous vivons dans un monde où le crime, la manipulation, les jeux pervers sont des moyens utilisés pour parvenir à son but.   

 

Stéphanie Hochet donne la parole à des personnages en quête d'une vérité intérieure. Magnifique thriller psychologique où l’histoire est narrée, à tour de rôle, par chacun des protagonistes à l’exception d’un – que je ne tiens pas à révéler ici – et ce procédé donne une force exceptionnelle au récit. Rien n’est laissé au hasard. Tout est subtil. Tous les détails sont importants. Tout a été savamment construit. L’ambiance est vive et rythmée.

 

Je suis sous le charme de ce roman parfaitement maîtrisé et j’applaudis cette brillante performance.

 

Un futur Prix Goncourt ? Il le mériterait largement.

 

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 18 AOÛT 2010 

Par Valérie DEBIEUX
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /2010 11:28

 

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ZAZ

 

Née à Tours en 1980 Isabelle Geffroy entre au conservatoire de sa ville natale dès l'âge de cinq ans jusqu'à ses onze ans. Véritable touche-à-tout de la musique, la chanteuse Zaz mélange ses multiples influences (jazz, chanson française, blues, afro, arabo, andalo, brésilo, latino....) dans un élan festif et poétique. Avec sa voix cassée et son phrasé groovy, cette basque installée à Paris distille son trop-plein d'émotions, sans retenu ni fausse pudeur. A découvrir vite ! Trois de ses titres ont été composés par le chanteur Raphaël.

 

Elle tout simplement est fabuleuse... 

 

 

 

 

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /2010 08:52

 


 

 

"Dans ce mouvement de va-et-vient se dessine, passionnante et bouleversante, une vie française. Et inflexible, obstiné, un destin d'écrivain." - Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur


"D'une enfance en vrac et des parents en vrille, Lionel Duroy a fait un roman tourmenté et passionnant. Il y a quelque chose de proustien et de désespéré dans sa volonté de reconstituer ce que sa mémoire a voulu oublier... Bouleversant jusqu'à la dernière ligne". - Olivia de Lamberterie, Elle


"Le naufrage familial, Lionel Duroy en livre un récit aussi foisonnant que magistral. Avec Le Chagrin, il se lance dans une entreprise autobiographique d'une rare maestria. Embrassant un demi-siècle d'histoire, cette saga bouleversante met à nu les ravages d'un héritage familial réprouvé." - Julien Bisson, Lire

 

 

Prix Marcel-Pagnol 2010 

ainsi que  

Grand Prix Marie Claire du roman d'émotion 2010

 

 

Votre première réaction à l'annonce de ce prix ?


Une grande joie. Car c'est un très beau prix, pas truqué ! Ça change des récompenses littéraires d'automne et de leurs combines, un jeu auquel je n'ai jamais voulu participer. Mes éditeurs, Bernard Barrault et Betty Mialet, de chez Julliard, ont vu plusieurs de leurs auteurs partir pour une des maisons d'édition qui se partagent ce «gâteau». Moi, je ne supporterais jamais de rompre pour cela avec des éditeurs que j'adore.

Nous savons ce qu'est l'émotion pour un lecteur. Mais pour un auteur ?


C'est le ressort mystérieux de mon écriture. Je me sens toujours aspiré par l'émotion, comme par un vertige. Je m'y laisse aller, pleurant même en écrivant certaines scènes. Elle me permet de descendre dans les profondeurs du sentiment, d'approcher au plus près de «l'âme», de ce que nous sommes, nous autres humains. Mais parfois, c'est dangereux. On peut côtoyer de trop près les choses essentielles de la vie (et donc, de la mort). Alors ça devient un match entre le désespoir et la nécessité de se tenir droit.

Ecrire «Le chagrin» vous a-t-il aidé à vous libérer des émotions négatives de votre enfance ?

Ecrire ne libère de rien. Ce n'est pas une psychanalyse. L'enjeu de ce livre, je l'avais en tête depuis 20 ans. Il s'agissait, à une époque où la colère m'étouffait encore, de réussir à exprimer ce qu'est une existence. Il m'aurait été insupportable de ne pas y arriver avant de mourir. Une façon de retraverser toute ma vie, depuis l'époque antérieure à ma naissance où mes parents s'étaient rencontrés. De revivre cet enchaînement d'évènements qui m'a construit. Mais écrire en cherchant la vérité, en se mettant à nu, c'est difficile. Ça peut rendre fou. Ce livre a failli me détruire. J'en suis sorti presque en miettes. Il va me falloir une cure de remise en forme !

Où en êtes-vous avec votre famille ?

Nulle part. Je le raconte dans «Le chagrin»: après la sortie de mon premier livre, mes frères et sœurs m'ont définitivement banni de la famille, ainsi que mes filles. C'est donc aussi pour elles que j'ai écrit toute cette histoire, pour la leur expliquer. Ils m'ont traité de «traître», car j'avais osé briser la loi du clan: le silence. A l'enterrement de mon père, ils m'ont coincé contre un mur de l'église. Ils voulaient me chasser. Ils étaient à deux doigts de me frapper. Ma mère a été plus «classe» que mes frères: sur son lit de mort, à l'hôpital, où elle avait enfin accepté de me voir, elle m'a, pour une fois, dit un mot gentil.

Et vous-même, votre mot de la fin ?

On se fait mal en écrivant, sinon on écrit de la merde... Il faut essayer d'exprimer ce qu'on est, ce qu'on ressent. Même s'il y a un prix à payer pour cela. Ça aide à rester debout.

 

©  Propos recueillis par Gilles Chenaille

 

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /2010 08:27

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L’amour salutaire

Un traducteur, friand d’ajouts et de petits plats, s’éprend d’une jeune romancière japonaise. Entre humour et légèreté, Jacques Gelat opère une greffe romanesque culottée.

Reprenez les premiers paragraphes d’un livre, en l’occurrence Le Traducteur (José Corti, 2006), ne bousculez pas trop leur agencement et, incognito, à la fin d’une phrase anodine changez de cap, vous obtenez : Le Traducteur amoureux. Davantage qu’une simple variation sur le thème de la trahison et de la traduction, cette seconde version relève de l’acte chirurgical. Alors que le narrateur du Traducteur travaillait initialement sur le texte d’un auteur anglais, celui du Traducteur amoureux exerce d’abord ses talents d’usurpateur sur Journées d’automne de Mégumi Kobayachi. Affligé par le départ de sa femme, dégoûté de l’amour, ce « fléau sans nom », notre traducteur supprime, il ne sait pas trop pourquoi, là un point-virgule, là un mot. Jacques Gelat aurait pu, en exergue, glisser cet aphorisme de Lacan extrait de « L’étourdit », en changeant « dire » par « écrire » : « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend. » Tarit son personnage semble être soit la proie des prouesses de son inconscient, soit, ce qui revient peu ou prou au même, passé maître dans l’art de la « science consommée de l’esquive ».

    Abandonnant l’«oreiller, la pharmacopée et ses antidépresseurs», fort du succès critique et commercial de Journées d’automne, notre «Attila de la traduction» consent à rencontrer Mégumi Kobayachi. Aux abords d’une brasserie du boulevard Saint-Germain, il découvre une Japonaise d’à peu près un mètre soixante-quinze, à la «belle démarche, souple, élégante, avec un port de tête assez, haut, un port de reine». Pourtant, parce qu’il a peur, dit-il, de voir ressurgir les démons de son ancienne rupture, de trahir à nouveau le style minimaliste et glacial de Mégumi, il refuse de s’attaquer à son dernier roman : Matins de Tokyo. Une épopée contant les pérégrinations d’un colporteur dans le Japon du XIIe siècle ne vaut-elle pas dix Matins de Tokyo ? Les Quatorzièmes Assises de la charcuterie périgourdine un colloque consacré aux écrivains Japonais d’aujourd’hui ? La fuite, fût-elle fuite face à l’autre, est, selon Démocrite, une vertu essentielle. Alors, autant préférer les «expertes caresses d’une péripatéticienne» qui, moyennant quelques euros, vous vide les «polichinelles» au «champ des amours». Quand bien même ses prémisses : un couvert surnuméraire ou une deuxième tasse de café préparée par inadvertance...

    Aérien, tel un «ravissant Cupidon joufflu décochant ses flèches fleuries», Le Traducteur amoureux regorge d’intelligence et de cocasserie. A contrario du Traducteur, étonnamment bavard et, en dépit de ses velléités réflexives, sans intérêt aucun. Chose étrange. Jacques Gelat aurait-il, à la manière de son traducteur énamouré, consciemment ou pas, trahit son texte initial, en y injectant une matière autrement plus féconde ? Le Traducteur serait-il un repentir du Traducteur amoureux ? L’épithète ajoutée serait-elle responsable de ce qui ressemble à un heureux forfait littéraire ? On aimerait le penser. À la lecture de cette seconde mouture, une «discrète effervescence, une intime exaltation, (ainsi qu’une) merveilleuse allégresse», invitent à sourire. Peut-être comme le narrateur qui, sa «fabuleuse capacité à l’autodéfense» levée, lit sur son ordinateur les premières lignes d’un texte de celle qui est devenue sa geisha : « Je suis un traducteur. Au départ, c’est un plaisir qui ressemble un peu au métier de comédien. On doit se faire il l’autre, l’écouter, le comprendre, s’en imprégner, avec cette différence qu’au lieu d’un personnage, c’est un roman qu’il va falloir traduire...». Premières lignes qui sont autant celles du Traducteur amoureux que du Traducteur...

Jérôme Goude, Le Matricule des Anges, n° 112, avril 2010

 

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Par Valérie DEBIEUX
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /2010 15:20

 

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À CEUX QUI NE SONT PLUS


Mon coeur est un jardin de morts

Où les seules fleurs vivaces

Sont mes souvenirs accumulés

Dans une oasis


Ma mémoire est l'unique lieu

Où mes chères âmes dissoutes

Désormais se réfugient et s'ébattent

Perpétuées dans mon sang


Mon enfance a toutes les couleurs

Que n'a plus le monde déserté

Où je ne respire que le vide

D'une inutile errance


Qui se soucie de vous mes anges

Gardiens de l'âge heureux

Où vos grandes mains me caressaient

Me guidaient me nourrissaient


Toujours et encore vous déambulez

Dans les paysages de mes émerveillements

Enfermés dans mon être désolé

Qui se désaltère à vos vies


Je n'ai plus que vous qui m'avez aimé

Et qui n'existez plus que par moi

En moi précieusement je vous soigne

Je vous déchiffre et je vous berce


Je vous aime pour tout le temps

Où je n'ai pas su vous apprécier

Mes bien-aimés mes irradiants

Aux yeux de miel aux rires d'air pur


Je vous garderai dans mes veines

Je vous couverai dans ma solitude

Jusqu'au silence mystérieux

Où vous m'avez précédé.  

 

 

Je tenais à vous faire partager ce merveilleux poème écrit par Myriam Matossi, publié dans Le coeur du temps ou Petite anthologie de l'amour sublime (Editions Eliane Vernay en 1993). Espérons que cet ouvrage soit réédité prochainement.  

  

À travers les poèmes de ce recueil, Myriam Matossi nous délivre un message universel où l'amour est le sésame qui permet d'arriver partout; c'est du moins ce que je capte de l'essence magnifique de ses vers.

 

 

 

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"Myriam Matossi a passé son enfance à Vevey, puis elle est entrée à l'Ecole des Beaux-Arts, à Lausanne. Elle peint, elle dessine, - une exposition à l'Estrée (Ropraz) en 1989. Elle étudie la sagesse de la Kabbale et le symbolisme ésotérique depuis de nombreuses années.

 

Les poèmes du Coeur du temps doivent leur simplicité à une lente élaboration: un travail vers la lumière, qui n'ignore rien de la peine originelle et du douloureux chemin avec l'autre. Ils constituent ainsi, dans leur clarté passionnée, une Petite anthologie de l'amour sublime au-devant du destin et de la mort." 

 


Par Valérie DEBIEUX
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